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« On entend souvent dire que l’art a pour charge d’exprimer l’inexprimable. C’est le contraire qu’il faut dire : toute tâche de l’art est d’innexprimer l’exprimable ». Roland Barthes.
 
 
Partant de ce constat, Emmanuel Ballangé propose une ligne loin des postures formelles. Une interrogation sur l’espace symbolique de la création issue du XXème siècle. Une attention est portée sur le cadre comme medium à décortiquer. L’histoire d’un châssis qui provoque une rencontre, une symétrie. Il se tient là conscient du passage du temps, de la limite de la technique. Le geste de la répétition qui tend vers cette idée de création jamais atteignable. On pense à la période héroïque de Mondrian, de Malévitch, Albers qui, politiquement engagés, se posent cette question encore centrale aujourd’hui : qu’est ce qu’être artiste ? Un bloc intelligible et dense sur lequel on se frotte et on se pique. On se cache comme s’il était possible de découdre de ces monstres de l’art : “la langue dans la boue”. On est là face à l’image comme seul mode d’appréhension du monde avec toutes les limites qu’elle induit. Emmanuel Ballangé tombe là dans un symbolisme post-abstrait. La forme n’est jamais réellement narrative mais elle interpelle en permanence physiquement le pinceau sur la toile. Ce travail d’atelier qui nous rappelle cette posture conscience lorsqu’il s’agit de s’interroger sur l’idée de création. La solution est peut-être de se concentrer sur l’essentiel en essayant de toucher les brides d’un universalisme tangible déjà remplacé par l’image numérique. Le triangle, le carré et le rectangles sont là comme un prétexte lié à un amour profondément vital pour le symbolisme. Un trait suffit, là, posé sur une toile pour créer une forme c’est-à-dire une prise de position. Le regard moraliste de l’artiste est pris entre deux cadres.
 
 

Emmanuel Ballagé est l’un des résidents de la coopérative d’artistes 0,100 ouverte durant tout l’événement.

 
 

Vue de l’espace 0.100 avec les peintures d’Emmanuel Ballangé.